On ne se réveille pas un beau matin en se disant, et tiens si je me mettais au yoga?

Choisir cette activité, qui est pour moi davantage qu'un hobby ou un loisir mais bien une hygiène de vie, est l'aboutissement d'un cheminement, d'une reflexion personnelle, d'une envie d'insuffler davantage de spiritualité dans sa vie et peut-être redonner sens à sa vie. Depuis quelques mois, j'ai ressenti un besoin d'éveil spirituel, ce qui jusque là avait de l'importance à mes yeux n'en a plus, et d'autres notions s'avèrent nécessaire à mon équilibre. Je me détache du jugement des autres, j'essaie d'être, et c'est loin d'être un chemin facile, dans le Ici et Maintenant. C'est à dire vivre dans l'instant présent, sans regarder en arrière ou en avant puisqu'on ne peut rien y changer. Juste apprécier le moment, saisir tous les petits bonheurs de la vie.

Le yoga s'est imposé comme une évidence, bien avant que je sache que cela devenait un phénomène de mode, j'habite en Normandie, en milieu rural et le yoga ne fait pas encore partie des habitudes locales. D'ailleurs, il est assez compliqué de trouver un cours, aussi, pour débuter j'ai fait le choix de m'initier seule, à l'aide de livres, et des nombreuses vidéos sur YouTube, trés pratiques et vraiment bien faites pour certaines. Ensuite, c'est l'engrenage, pleinement consenti, je vous rassure. Avec le yoga, qui mêle postures et respiration, j'ai commencé la méditation zazen (méditation assise) aprés avoir découvert ses bienfaits grâce aux livres et entretiens de Christophe André et Alexandre Jollien, là aussi de nombreuses vidéos m'ont bien aidé. La méditation en nous focalisant sur notre souffle (on respire plus de 20000 fois par jour, sans en avoir conscience, y a t il une autre fonction aussi importante que celle-ci, aussi vitale, et pourtant nous n'y accordons aucune importance)  nous aide à nous recentrer, à canaliser nos pensées négatives ou récurrentes. La méditation ne les fait pas disparaître, mais nous apprend à les regarder passer, comme les eaux d'un fleuve, ne pas s'y arrêter et toujours revenir à notre souffle. La méditation nous apprend aussi l'indulgence envers nous-même, il y a des jours où ça fonctionne, il y a des jours où ça ne fonctionne pas, tant pis, c'est comme ça. Et il faut s'accepter telle que l'on est à ce moment: en colère, anxieuse, triste.

J'ai donc pratiqué chez moi seule plusieurs mois, mais il est arrivé un moment où je n'ai pas trouvé ça suffisant, où j'ai eu envie d'aller plus loin dans mon cheminement et j'ai cherché des cours pour réellement m'initier et progresser. Je ne souhaitais pas un cours proposant uniquement le travail des postures, un peu comme un cours de gym où on enchaîne les positions, c'est ainsi que j'ai eu une première approche du yoga,il y a quelques années, dans un club de fitness, avec un prof sur une estrade, de la musique d'ascenseur à fond. Pas du tout pour moi l'esprit du yoga. Je voulais reéllement une approche spirituelle, mêlant les différentes formes de yoga, il y en a une multitude, la méditation, et également une approche ayurvédique. J'aime, dans un cours, qu'on me parle, qu'on m'explique bien sûr les postures, asanas, mais également à quel niveau de mon corps, quel bénéfice je peux en retirer. Je voulais également un centre, pouvant me proposer des stages pour m'initier à différents yogas, je pratique plutôt le hatha yoga, le plus courant, mais aussi des conférences.

Le yoga est souvent liée à des tas d'idées fausses: pour pratiquer, il ne faut pas nécessairement être souple, non, le yoga ce n'est pas une secte et on n'est pas sous l'emprise d'un gourou, non, ce n'est pas parce qu'on souhaite s'initier et aller plus loin dans sa recherche, qu'on va virer hippie, devenir végétarienne, se nourrir de quinoa et de fruits secs. Je suis plutôt ronde et pas souple du tout, mais en choisissant un enseignement de qualité, ce n'est pas un problème, on s'adapte: si je ne touche pas le sol avec mes mains, je mets une briquette pour rehausser, si je n'arrive pas à m'assoir correctement pour la méditation, j'utilise un coussin rond. Je ne force jamais, le yoga n'est pas une compétition et on n'est pas là pour essayer de faire mieux que son/sa voisine de tapis. On adapte sa pratique à ses possibilités, un bon enseignant donne toujours des variantes des postures, à adapter en fonction de son niveau ou envie. Un bon enseignant, c'est aussi celui qui est attentif à vous, qui va vous corriger avec respect, certaines personnes n'aiment pas être touchées et je comprends ça, qui va prendre le temps de refaire à vos côtés les postures ou enchainements jusqu'à ce que vous les mémorisez. 

Certes, il y a les cours, mais faire 2 h de yoga une fois par semaine et puis plus rien, ça ne sert pas à grand chose, la régularité est davantage payante, donc il faut poursuivre chez soi, même ne serait-ce que quelques minutes, et surtout, c'est cela le plus difficile, arriver à inscrire dans son emploi du temps, ses quelques minutes, comme véritablement quelque chose d'essentiel à son bien-être.Prendre du temps pour soi, facile à dire mais difficile parfois à mettre en oeuvre et à assumer.

En toute humilité, je sais que je ne sais rien, mais j'ai une véritable volonté d'aller vers une simplification de ma vie, de minimalisme consenti, d'une expérience spirituelle au sens large du thème, je suis plutôt rationnelle et je ne pense pas être illuminée, enfin juste ce qu'il faut! Ce sera donc ici, mon journal de bord. Je ne cherche à convaincre personne, je veux juste faire part de mon cheminement, de mon apprentissage du yoga, de mon évolution si évolution il doit y avoir. Je n'ai rien à apprendre à personne, mais je peux juste faire partager mon expérience.

A chaque fin de cours, professeur et élèves s'inclinent en joignant les mains et en prononçant Namaste, une façon de remercier, un signe de gratitude et de respect les uns envers les autres.

Namaste